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Le Gaz Naturel Liquéfié (GNL) : fonctionnement, enjeux et impact sur le marché du gaz
Gaz naturel
5 min

Le Gaz Naturel Liquéfié (GNL) : fonctionnement, enjeux et impact sur le marché du gaz

Guillaume Bauza
Publié le
4/9/2025

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Le Gaz Naturel Liquéfié (GNL) est du gaz naturel transformé à l’état liquide grâce à un refroidissement à environ -160°C. Ce procédé permet de réduire son volume d’un facteur d’environ 600, facilitant ainsi son stockage et son transport sur de longues distances.

Développé à l’échelle industrielle à partir des années 1960, le GNL constitue aujourd’hui une solution clé pour acheminer du gaz entre des zones non connectées par gazoducs. Il est transporté par des navires spécialisés appelés méthaniers.

Vers un changement structurel du marché du gaz

La guerre en Ukraine a profondément modifié les équilibres du marché gazier en Europe. La réduction drastique des livraisons de gaz russe — notamment via les gazoducs Nord Stream et Yamal — a contraint les pays européens à diversifier rapidement leurs sources d’approvisionnement.

Historiquement, certains États européens dépendaient fortement du gaz russe, avec des niveaux de dépendance particulièrement élevés en Europe centrale et orientale.

Dans ce contexte, le GNL s’est imposé comme une solution alternative majeure. Sa flexibilité logistique permet d’acheminer du gaz depuis différents fournisseurs à l’échelle mondiale. Toutefois, cette hausse rapide de la demande européenne a intensifié la concurrence avec l’Asie, autre grand bassin de consommation, contribuant à la volatilité des prix sur les marchés.

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D‘où provient le GNL en France ?

Aujourd’hui, le GNL représente plus d’un tiers des importations de gaz en France, illustrant son rôle devenu stratégique.

En 2023, la répartition des importations était la suivante :

  • États-Unis : 40,2 %
  • Russie : 13,2 %
  • Qatar : 13,1 %
  • Nigeria : 8,5 %
  • Algérie : 6,7 %
  • Norvège : 6,6 %
  • Angola : 2 %
  • Autres : 18,2 %

Une fois acheminé, le GNL est déchargé dans des terminaux méthaniers, où il est stocké puis regazéifié avant d’être injecté dans le réseau.

Les infrastructures françaises

La France dispose de plusieurs terminaux méthaniers permettant de réceptionner, stocker et regazéifier le GNL :

  • Fos Tonkin (Fos-sur-Mer)
  • Fos Cavaou (Fos-sur-Mer)
  • Montoir-de-Bretagne
  • Dunkerque (Loon-Plage)
  • Le Havre (terminal flottant en service depuis 2023)

Ces infrastructures jouent un rôle clé dans la sécurisation de l’approvisionnement énergétique.

Comment fonctionne la chaîne du GNL ?

Le cycle du GNL repose sur plusieurs étapes :

  1. Liquéfaction
    Le gaz est purifié (retrait de l’eau, du CO₂ et autres impuretés), puis refroidi progressivement jusqu’à -160°C.
  2. Stockage
    Le GNL est conservé dans des cuves cryogéniques adaptées.
  3. Transport maritime
    Il est acheminé par méthaniers vers les zones de consommation.
  4. Regazéification
    Le GNL est réchauffé pour retrouver son état gazeux.
  5. Injection dans le réseau
    Le gaz est ensuite injecté dans les réseaux de transport et de distribution.

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Un impact environnemental à prendre en compte

Le GNL reste une énergie fossile, avec un impact environnemental significatif sur l’ensemble de sa chaîne de valeur.

Les principales sources d’émissions sont :

  • la liquéfaction, très énergivore
  • le transport maritime
  • les phases d’extraction
  • les émissions fugitives de méthane (gaz à fort pouvoir de réchauffement)

Une part importante du GNL importé en Europe provient des États-Unis, où il est majoritairement issu du gaz de schiste. Cette méthode d’extraction fait l’objet de débats en raison de ses impacts environnementaux (consommation d’eau, émissions de méthane, etc.).

Un outil clé pour la sécurité énergétique

Malgré ses contraintes, le GNL est devenu un pilier de la sécurité énergétique européenne.

Sa flexibilité permet d’ajuster rapidement les flux d’approvisionnement en fonction des besoins. L’augmentation des capacités d’exportation mondiales, notamment aux États-Unis et au Qatar, contribue à renforcer cette sécurité.

Toutefois, plusieurs facteurs d’incertitude demeurent :

  • tensions géopolitiques
  • conditions climatiques
  • évolution de la demande mondiale

Si le risque de pénurie s’est atténué à court terme, le marché reste exposé à une volatilité structurelle des prix.

Quels sont les inconvénients du GNL ?

Le GNL présente plusieurs limites :

  • Coûts élevés : infrastructures lourdes (terminaux, méthaniers, unités de liquéfaction)
  • Chaîne logistique complexe
  • Prix souvent plus élevé que le gaz acheminé par gazoduc, en raison des coûts de transformation et de transport
  • Impact carbone global plus important
  • Risques industriels, bien que fortement maîtrisés par des normes de sécurité strictes

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Garantir la sécurité énergétique grâce au GNL

Le GNL occupe désormais une place centrale dans l’approvisionnement gazier de la France et de l’Europe. Il offre une réponse flexible aux contraintes géopolitiques, mais s’accompagne de coûts plus élevés et d’un impact environnemental non négligeable.

Dans ce contexte, suivre les évolutions du marché devient essentiel pour les entreprises souhaitant optimiser leurs contrats d’énergie et sécuriser leurs approvisionnements.

Article complémentaire : Découvrez nos conseils pour trouver le meilleur contrat biogaz

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